Intérêts d'emprunt LMNP : ce que la hausse des taux change
- Les intérêts d'emprunt d'un LMNP sont intégralement déductibles au régime réel et ne le sont pas au micro-BIC, ce qui rend la remontée des taux de la rentrée 2026 déterminante dans le choix du régime fiscal.
- Début septembre 2026, les taux moyens de crédit immobilier s'établissent autour de 3,43 % sur 15 ans, 3,54 % sur 20 ans et 3,61 % sur 25 ans, sous l'effet d'une OAT 10 ans repassée au-dessus de 4 %.
- Sur un prêt de 180 000 € sur 20 ans, une hausse de 0,5 point représente environ 900 € d'intérêts supplémentaires la première année.
- Au régime réel, ces intérêts se déduisent avant l'amortissement du bien, l'amortissement ne pouvant pas créer de déficit ; le déficit issu des seules charges est reportable pendant dix ans sur les bénéfices de location meublée.
- Le taux d'usure applicable du 1er juillet au 30 septembre 2026 est de 5,29 % pour les prêts à taux fixe de 20 ans et plus.

Les taux de crédit immobilier sont repartis à la hausse depuis la mi-août, et la rentrée s'ouvre sur un marché plus sélectif. Pour un investisseur en location meublée, cette remontée a une conséquence que les articles sur les taux mentionnent rarement : les intérêts d'emprunt sont déductibles au régime réel et ne le sont pas au micro-BIC. Voici les chiffres du moment et ce qu'ils changent concrètement dans le calcul.
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Où en sont les taux à la rentrée 2026
Après plusieurs mois de stabilité, les barèmes bancaires se tendent. Début septembre 2026, les taux moyens relevés par les courtiers s'établissent autour de 3,43 % sur 15 ans, 3,54 % sur 20 ans et 3,61 % sur 25 ans, les meilleurs dossiers obtenant encore des conditions nettement inférieures.
| Durée du prêt | Taux moyen constaté | Meilleurs profils | Taux d'usure (TAEG max) |
|---|---|---|---|
| 15 ans | 3,43 % | environ 3,00 % | 4,57 % |
| 20 ans | 3,54 % | environ 3,10 % | 5,29 % |
| 25 ans | 3,61 % | environ 3,25 % | 5,29 % |
Le moteur de cette hausse est le coût de refinancement des banques. L'OAT 10 ans, le taux auquel l'État français emprunte, est repassée durablement au-dessus de 4 %, un niveau inédit depuis 2009, contre environ 3,3 % un an plus tôt. Les banques n'ont pas répercuté immédiatement ce mouvement, mais leur marge de négociation se réduit.
Deux échéances encadrent la fin du trimestre. La Banque centrale européenne s'est réunie les 9 et 10 septembre 2026, dans un contexte d'inflation remontée à 3,3 % en zone euro en août selon l'estimation rapide d'Eurostat ; un sondage Reuters du 3 septembre anticipait une hausse de 0,25 point du taux de dépôt, de 2,25 % à 2,50 %, suivie d'un plateau. Par ailleurs, la Banque de France publiera fin septembre les nouveaux seuils de l'usure applicables au 1er octobre 2026, ceux du troisième trimestre s'appliquant jusqu'au 30 septembre.
Ce que la hausse coûte réellement sur un projet locatif
Prenons un studio meublé financé par un prêt de 180 000 € sur 20 ans. Au taux moyen actuel de 3,54 %, la mensualité ressort autour de 1 048 € et la première année de crédit génère environ 6 270 € d'intérêts.
Un demi-point de plus, soit 4,04 %, porte la mensualité à environ 1 095 € et les intérêts de première année à près de 7 160 €. Traduction : environ 47 € de mensualité en plus et 900 € d'intérêts supplémentaires sur la première année.
C'est précisément là que le régime fiscal entre en jeu. Au micro-BIC, ces 900 € sortent de votre trésorerie sans aucune contrepartie fiscale, puisque l'abattement forfaitaire remplace toute déduction. Au régime réel, ils rejoignent vos charges déductibles.
Intérêts d'emprunt LMNP : ce qui est déductible, ce qui ne l'est pas
Au régime réel, la déduction ne se limite pas au taux nominal. Sont déductibles :
- les intérêts du crédit immobilier ;
- les frais de dossier bancaire ;
- les primes d'assurance emprunteur ;
- les frais de garantie (caution ou hypothèque) et les frais de courtage.
En revanche, le capital remboursé n'est jamais déductible. Sur une mensualité de 1 048 € dont 530 € d'intérêts, seuls ces 530 € constituent une charge : le reste reconstitue votre patrimoine et n'a pas de nature fiscale. C'est la confusion la plus fréquente que nous rencontrons.
L'ordre de déduction compte aussi. On retranche d'abord les charges, puis l'amortissement du bien et du mobilier. Vous pouvez estimer ce second étage avec l'outil de calcul d'amortissement LMNP.
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Micro-BIC ou régime réel : l'écart se creuse avec les taux
Reprenons le même studio, loué 900 € par mois, soit 10 800 € de loyers annuels, avec 2 200 € d'autres charges (taxe foncière, copropriété, assurance, CFE) et 6 270 € d'intérêts la première année.
| 10 800 € de loyers annuels | Micro-BIC | Régime réel |
|---|---|---|
| Intérêts d'emprunt déduits | 0 € | 6 270 € |
| Autres charges déduites | 0 € | 2 200 € |
| Base imposable | 5 400 € (abattement 50 %) | 0 € après amortissement |
| Impôt sur le revenu (TMI 30 %) | 1 620 € | 0 € |
| Prélèvements sociaux (18,6 %) | 1 004 € | 0 € |
| Coût fiscal annuel | 2 624 € | 0 € |
Exemple simplifié à titre d'illustration : les montants dépendent de votre tranche marginale d'imposition, de la valeur amortissable du bien et de vos charges réelles. Pour situer votre propre cas, le comparateur micro-BIC ou régime réel reprend ces paramètres.
Et si les charges dépassent les loyers ?
C'est fréquent les premières années d'un crédit, quand les intérêts sont au plus haut. Deux règles à connaître :
- le déficit issu des charges est reportable pendant dix ans, mais uniquement sur les bénéfices futurs de location meublée, jamais sur votre salaire ;
- l'amortissement ne peut pas créer de déficit. Il ramène au mieux le résultat à zéro, et la fraction non utilisée est reportable sans limitation de durée.
Autrement dit, rien n'est perdu : plus les intérêts sont élevés, plus vous constituez un stock d'amortissements différés qui viendra effacer vos bénéfices une fois le crédit avancé.
Financement : les points à vérifier cette rentrée
Sur un marché qui se tend, trois réflexes limitent la facture.
Regardez le TAEG et non le seul taux nominal. C'est lui qui intègre l'assurance emprunteur, les frais de dossier, la garantie et le courtage, et c'est lui qui est comparé au taux d'usure. Depuis la loi Lemoine, l'assurance emprunteur peut être changée à tout moment, ce qui reste le levier le plus rapide sur le coût total.
Vérifiez la cohérence avec les règles du Haut Conseil de stabilité financière : taux d'effort plafonné à 35 % assurance comprise, durée maximale de 25 ans, avec des marges de flexibilité laissées aux banques.
Enfin, tenez à jour le suivi de vos charges financières dès la première année. Un intérêt non justifié est un intérêt non déduit. Le diagnostic fiscal LMNP permet de repérer les postes oubliés.
FAQ
Les intérêts d'emprunt sont-ils déductibles en LMNP ?
Oui, mais seulement au régime réel. Au micro-BIC, l'abattement forfaitaire de 50 % remplace toute déduction : aucun intérêt, aucune charge ne peut être retranché.
Peut-on déduire la totalité de la mensualité de crédit ?
Non. Seule la part d'intérêts est déductible, avec l'assurance emprunteur et les frais bancaires. Le capital remboursé n'est pas une charge.
La hausse des taux rend-elle le régime réel plus intéressant ?
Mécaniquement, oui : plus les charges financières sont élevées, plus l'écart avec le micro-BIC se creuse. La réponse dépend toutefois de votre niveau de loyers, de vos autres charges et de votre tranche d'imposition.
Que se passe-t-il si mes charges dépassent mes loyers ?
Vous constatez un déficit reportable dix ans sur vos futurs bénéfices de location meublée. L'amortissement non utilisé, lui, se reporte sans limite de durée.
Faut-il emprunter maintenant ou attendre 2027 ?
Cela relève d'une décision personnelle et non d'une règle générale. Les paramètres à mettre en balance sont la trajectoire des taux, le prix négocié, votre capacité d'épargne et le rendement locatif attendu.
En résumé
La remontée des taux pèse sur la mensualité, mais elle renforce l'intérêt du régime réel, seul régime qui permet de déduire les intérêts d'emprunt en location meublée. Avant de signer une offre de prêt, mesurez l'effet du régime fiscal sur votre trésorerie : une simulation de vos économies d'impôts prend quelques minutes.
Cet article présente des informations générales et ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil en investissement. Les taux cités sont des moyennes de marché relevées début septembre 2026 et évoluent en permanence.
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- MySweetImmo, « Crédit immobilier : les taux remontent à la rentrée 2026 », 1er septembre 2026 (données Pretto : 3,43 % sur 15 ans, 3,54 % sur 20 ans, 3,61 % sur 25 ans ; OAT 10 ans au-dessus de 4 %) — consulter
- CAFPI, « Analyse des taux de crédit immobilier de septembre 2026 », mis à jour le 8 septembre 2026 (moyennes clients et meilleurs profils) — consulter
- Service-Public.fr, « Crédit immobilier : quels sont les plafonds du taux d'usure à compter du 1er juillet ? », 30 juin 2026 (5,29 % pour les prêts de 20 ans et plus) — consulter
- Banque de France, taux d'usure et taux effectifs moyens, 3e trimestre 2026 (taux effectif moyen de 3,97 % sur les prêts de 20 ans et plus au T2 2026) — consulter
- France Épargne, « BCE : hausse de taux le 10 septembre, puis un plateau », septembre 2026 (sondage Reuters du 3 septembre 2026 ; inflation zone euro à 3,3 % en août selon Eurostat) — consulter
- Rankia, « Prochaine réunion BCE : calendrier 2026 et taux actuels » (taux de dépôt à 2,25 % après la réunion du 23 juillet 2026 ; réunion des 9 et 10 septembre à Berlin) — consulter
- iSelection, « Charges déductibles en LMNP : guide complet 2025-2026 », 7 août 2026 (intérêts, frais de dossier, assurance emprunteur) — consulter
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