Préavis logement meublé : quelle durée en 2026 ?
Préavis logement meublé : 1 mois pour le locataire, à tout moment du bail et sans motif à donner.
Préavis du bailleur : 3 mois, uniquement à l’échéance du bail et pour un motif prévu par la loi.
Bail mobilité et location saisonnière : le locataire conserve 1 mois de préavis, le bailleur ne peut pas donner congé avant le terme.

Le préavis d’un logement meublé loué en résidence principale est d’un mois pour le locataire, à tout moment et sans motif à donner, et de trois mois pour le bailleur, uniquement à l’échéance du bail et pour un motif prévu par la loi. Ces délais figurent à l’article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989.
Reste à savoir ce que deviennent ces délais quand le bail n’est pas un bail meublé classique : bail étudiant de 9 mois, bail mobilité, location saisonnière. C’est l’objet des sections suivantes, avec le formalisme à respecter pour que le congé soit valable.
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À quoi sert le préavis en location meublée ?
Le préavis en location meublée est le délai minimum entre la notification du congé et la fin réelle du bail. Un mois pour le locataire, trois mois pour le bailleur : ce décalage donne au propriétaire le temps de relouer, et au locataire le temps de se reloger.
- Pour le bailleur : un mois de visibilité avant le départ, c’est ce qui limite la vacance locative. En LMNP, chaque mois sans loyer pèse directement sur le résultat imposable de l’année.
- Pour le locataire : quand le congé vient du propriétaire, les trois mois lui laissent le temps de trouver un autre logement sans rupture.
Quelle durée de préavis selon le type de bail meublé ?
Quatre baux meublés coexistent et le préavis n’y répond pas aux mêmes règles : bail meublé classique d’un an, bail étudiant de 9 mois, bail mobilité de 1 à 10 mois, location saisonnière. Le préavis du locataire reste d’un mois dans les trois premiers cas ; c’est le côté bailleur qui change du tout au tout. Pour choisir le bon contrat en amont, notre article sur la durée du bail en location meublée détaille l’engagement de durée propre à chaque formule.
Voici la durée de préavis d’un logement meublé pour chaque type de bail, côté locataire comme côté bailleur, avec sa base légale.
En clair : le locataire d’un meublé a toujours un mois de préavis, sauf en saisonnier où il n’y en a aucun ; le bailleur n’a de préavis à respecter que dans le bail meublé classique, où il est de trois mois à l’échéance.
Bail meublé classique : 1 mois pour le locataire, 3 mois pour le bailleur
Le bail meublé classique est conclu pour un an, tacitement reconduit chaque année. Il faut donc y mettre fin de manière expresse. Le locataire dispose d’un préavis d’un mois, à n’importe quel moment du bail et sans avoir à se justifier ; ce délai est d’ordre public, une clause du contrat imposant trois mois est sans effet.
Le bailleur, lui, ne peut donner congé qu’à l’échéance annuelle, avec un préavis de trois mois et un motif limitativement prévu par l’article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989 :
- la reprise du logement pour l’habiter lui-même ou y loger un proche (conjoint, partenaire de PACS, concubin notoire depuis au moins un an, ascendants, descendants) ;
- la vente du logement ;
- un motif légitime et sérieux, notamment l’inexécution par le locataire de ses obligations, par exemple des loyers impayés.
Trois points que les bailleurs découvrent souvent trop tard :
- Le congé doit être reçu au moins trois mois avant l’échéance. Reçu ne serait-ce qu’un jour trop tard, il ne vaut pas pour l’échéance en cours : le bail est reconduit un an de plus.
- La lettre doit mentionner le motif et, en cas de reprise, le nom, l’adresse et le lien de parenté du bénéficiaire. À défaut, le congé est nul.
- Pas de droit de préemption en meublé. Contrairement à la location vide, un congé pour vente en meublé n’oblige pas à proposer d’abord le logement au locataire, l’article 15 de la loi de 1989 n’étant pas transposé aux meublés (analyse UNPI).
Dernière limite : un locataire de plus de 65 ans dont les ressources sont inférieures au plafond des logements conventionnés ne peut pas recevoir congé sans qu’un logement adapté lui soit proposé (article 25-8, II), sauf si le bailleur a lui-même plus de 65 ans ou des ressources sous le même plafond.
Bon à savoir : en location vide, le locataire doit trois mois de préavis, ramenés à un mois en zone tendue ou dans des cas précis (mutation, perte d’emploi, état de santé justifié par un certificat médical, obtention d’un logement social, bénéficiaire du RSA ou de l’AAH). Le bailleur d’un logement nu, lui, doit six mois. Le meublé est donc deux fois plus souple pour le propriétaire.
Cet écart explique en partie pourquoi le meublé attire : moins de vacance subie, une sortie plus rapide. C’est l’un des arguments détaillés dans notre comparatif sur le passage de la location nue à la location meublée.
Bail étudiant de 9 mois : quel préavis ?
Dans un bail étudiant, le locataire conserve un préavis d’un mois : l’article 25-8 précise que la règle s’applique y compris lorsque la durée du bail est réduite à neuf mois. Côté bailleur, en revanche, il n’y a pas de préavis à respecter.
La raison est simple : le bail étudiant de 9 mois échappe à la reconduction tacite. Il prend fin de lui-même au terme prévu, sans congé à notifier. Si le propriétaire souhaite reconduire l’occupation, il signe un nouveau bail ; s’il souhaite reprendre le logement, il n’a rien à envoyer.
Le calendrier de 9 mois correspond à l’année universitaire : l’étudiant ne paie pas de loyer sur les mois d’été, et le bailleur récupère un logement libre pour la rentrée suivante.
Bail mobilité : le locataire a-t-il un préavis ?
Oui. En bail mobilité, le locataire peut résilier à tout moment sous réserve d’un préavis d’un mois (article 25-15 de la loi du 6 juillet 1989, ANIL). Le bailleur, lui, ne peut pas donner congé avant le terme : le bail de 1 à 10 mois prend fin de plein droit, sans reconduction tacite ni congé à notifier.
Créé par la loi ELAN du 23 novembre 2018, le bail mobilité est réservé aux locataires qui justifient, à la prise d’effet du bail, de l’une de ces situations :
- études supérieures ;
- stage ;
- contrat d’apprentissage ;
- formation professionnelle ;
- mutation professionnelle ;
- mission temporaire dans le cadre de son activité professionnelle ;
- engagement de service civique.
Deux points spécifiques pour le bailleur : la durée peut être prolongée une seule fois par avenant, sans jamais dépasser 10 mois au total, et aucun dépôt de garantie ne peut être exigé. Le détail des mentions obligatoires et du risque de requalification en bail meublé classique figure dans notre guide sur les règles du bail mobilité.
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Location saisonnière : y a-t-il un préavis ?
Non. En location saisonnière, la durée du séjour est fixée avant l’arrivée et le contrat prend fin au jour prévu, sans préavis ni congé à notifier. La durée de location ne peut pas dépasser 90 jours consécutifs au même client, faute de quoi le contrat risque d’être requalifié en bail d’habitation, avec les préavis qui vont avec.
Bon à savoir : même pour une nuit, un écrit reste indispensable. Nous détaillons les mentions à y faire figurer dans notre article sur le contrat de location saisonnière.
Comment envoyer un préavis de logement meublé dans les règles ?
Le congé d’un logement meublé ne se donne que par trois voies : lettre recommandée avec avis de réception, acte de commissaire de justice, ou remise en main propre contre émargement ou récépissé signé. Le préavis ne court pas de la date d’envoi, mais de la date de réception (service-public.fr).
La lettre doit identifier le logement, les parties et la date de départ souhaitée. Un locataire dont le bail impose à tort trois mois a intérêt à citer expressément l’article 25-8 : la disposition étant d’ordre public, elle écarte la clause contraire. Un bailleur, lui, doit indiquer le motif du congé, sous peine de nullité.
Bon à savoir : un congé par simple e-mail n’est pas valable, même si l’autre partie l’accepte. La lettre recommandée électronique (LRE) est en revanche recevable, à condition que le destinataire ait accepté ce mode d’envoi au préalable. Et une fois le congé reçu, impossible de revenir en arrière sans l’accord de l’autre partie.
Qui paie le loyer pendant le préavis d’un logement meublé ?
Tout dépend de qui a donné congé. Si le congé vient du locataire, il doit le loyer et les charges sur l’intégralité du mois de préavis, même s’il rend les clés avant. Si le congé vient du bailleur, le locataire ne paie que la période réellement occupée (article 25-8).
Exemple avec un loyer charges comprises de 750 € et un préavis courant du 1er au 30 septembre, pour un locataire qui part le 10 :
- C’est le locataire qui a donné congé : il doit les 750 € du mois complet.
- C’est le bailleur qui a donné congé : il doit 10 jours sur 30, soit 250 €.
Une seule exception côté locataire : si le logement est reloué avant la fin du préavis, en accord avec le bailleur, les loyers cessent d’être dus. À l’expiration du préavis, le locataire est de toute façon déchu de tout titre d’occupation.
Après le préavis : état des lieux de sortie et dépôt de garantie
À la fin du préavis, le locataire remet les clés et un état des lieux de sortie est établi, puis comparé à celui d’entrée. Si les deux sont conformes, le dépôt de garantie doit être restitué dans le mois ; en cas de dégradations ou d’impayés justifiés, le délai passe à deux mois (article 22 de la loi du 6 juillet 1989).
Au-delà de ces délais, le solde dû au locataire est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé. Sur un loyer de 800 € hors charges rendu trois mois en retard, cela représente 240 € de pénalité pour le bailleur. Toute retenue doit par ailleurs être justifiée par des devis ou des factures, pas par un forfait.
Deux réflexes pour éviter le litige : partir d’un document contradictoire propre, avec notre modèle d’état des lieux en meublé, et vérifier le montant encaissé en début de bail, détaillé dans notre article sur le dépôt de garantie en location meublée.
En résumé : combien de préavis pour un logement meublé ?
- Bail meublé classique (1 an) : 1 mois pour le locataire à tout moment, 3 mois pour le bailleur à l’échéance et sur motif légal.
- Bail étudiant (9 mois) : 1 mois pour le locataire ; aucun congé à donner par le bailleur, le bail s’arrête au terme.
- Bail mobilité (1 à 10 mois) : 1 mois pour le locataire ; le bailleur ne peut pas résilier avant le terme.
- Location saisonnière : aucun préavis, fin automatique au terme du contrat.
Respecter le préavis du logement meublé et son formalisme, c’est ce qui sécurise la fin du bail et évite le litige sur le dernier loyer comme sur le dépôt de garantie.
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Sources
- Légifrance — Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 25-8 (congé en location meublée) — consulté le 30 juillet 2026 — legifrance.gouv.fr
- Légifrance — Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 22 (dépôt de garantie) — consulté le 30 juillet 2026 — legifrance.gouv.fr
- Service-public.fr — Préavis et formalités du congé donné par le locataire — consulté le 30 juillet 2026 — service-public.gouv.fr
- ANIL — Le bail mobilité — consulté le 30 juillet 2026 — anil.org
- Institut national de la consommation — Quitter le logement meublé que vous louez — consulté le 30 juillet 2026 — inc-conso.fr
- UNPI — Congé et droit de préemption du locataire — consulté le 30 juillet 2026 — unpi.org



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